mardi 8 septembre 2015

MUSIQUE. ROBERT PETE WILLIAMS. FREE AGAIN. (Prestige Bluesville)

Robert Pete Williams est un bluesman hélas trop peu connu et qui, pourtant, est l'archétype du musicien et chanteur de blues. Il voit le jour en 1914 à Zachary, en Louisiane. Il passera toute sa vie dans la région de Bâton Rouge.
Il est découvert à la fin des années 50 par le Dr Harry Oster et Richard Allen, , le premier  folkloriste et le second historien du jazz. Tous deux explorent la musique du Sud. Ils entendent parler d'un musicien emprisonné à perpétuité pour meurtre depuis 1956 au pénitencier d'  Angola, l'une des pires prisons des États Unis qui n'en manquent pourtant pas. Ils décident de s'y rendre. Impressionnés par l'homme et par sa musique, ils s'empressent de l'enregistrer sur un petit magnétophone portable. Dans le même temps, ils demandent sa grâce et sa libération, ce qu'ils obtiendront après maintes tractations. 
En 1961 Robert Pete Williams, en résidence surveillée, enregistre son premier album, Free again, pour le label Prestige Bluesville. On y retrouve tous les ingrédients du blues rural. Un homme chante son histoire, la crie parfois, en s'accompagnant d'une simple guitare acoustique. C'est un blues écorché, aride et dur, comme la vie de ceux qui le jouent.
La particularité de Robert Pete Williams est qu'il ne reprend pas la grille classique du blues. Le résultat est aussi beau que déroutant. Ce sera pour toujours sa marque de fabrique. Jamais on n'a été aussi près des racines africaines de cette musique. Il est l'un des rares  à avoir ému Big Joe Williams qui n'avait pourtant rien d'un grand sentimental et dont la vie de misère n'avait rien à envier à celle de son collègue. Il  écrira  une réponse à Prisoner's talking blues ( chanson sortie sur la compilation Angola prisoner's blues).
Robert Pete Williams est autorisé à se produire au festival de Newport en 1964, et, tout en continuant à travailler à sa ferme, il se produira régulièrement en professionnel aussi bien aux Etats Unis qu'en Europe. Il mourra à Rosedale le 31 décembre 1980.
Nous vous conseillons également un autre de ses premiers enregistrements, I'm blue a man can be ainsi que l'album éponyme sorti en 2001 sur le label Fat Possum Records. 




dimanche 14 juin 2015

ARTS PLASTIQUES. Catharsis. LUZ. (Futuropolis)

Après avoir trouvé ses camarades assassinés dans les bureaux de Charlie Hebdo, Luz est dévasté et ne se sent pas capable d'aller plus loin. Il songe même à ne plus dessiner. Le collectif du journal décide de se remettre sans tarder au prochain numéro. Luz sait qu'il ne peut pas laisser tomber les quelques collègues rescapés de la tuerie et c'est son très bon dessin qui fera la couverture du numéro vert. Mais que faire après... Traumatisé, il perd son principal moyen d'expression, il n'arrive plus à dessiner que des petits bonshommes statiques aux yeux exorbités devant l'horreur.
Petit à petit l'envie revient, il faut bien survivre, et puis un besoin irrépressible le pousse à reprendre son art qui l'aide à éloigner la paranoïa et à faire son deuil.
C'est ainsi que va naître Catharsis, une suite d'histoires tour à tour tristes, violentes, drôles ou émouvantes. Le style change d'une planche à l'autre, le pinceau laisse la place à une plume mordante au trait plus dur, parfois la couleur apparaît: rouge. Rouge comme la colère, comme le sang, comme les lèvres de sa compagne. Bleu: bleu comme le manteau qu'elle portait lorsqu'elle est venue le rejoindre au siège de Charlie le jour du drame. Car ce livre est une histoire d'amour au sens large du terme, amour pour celle qui partage la vie de l'auteur, amour pour Charb, l'ami, le frère, amour des gens, du dessin, de la vie, amour qui montre un homme aux antipodes de celui qu'ont voulu décrire certains haineux trop contents de pouvoir baver, à travers la personne de Luz, sur un journal qu'ils n'ont jamais compris ou, pire, peut-être jamais lu.
Merci monsieur Luz pour ces belles pages, pour l'espoir, pour la tendresse... pour tout.

mardi 2 juin 2015

ESSAI. Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes. CHARB. (Les Echappés)

Deux jours avant d'être lâchement abattu dans les locaux de Charlie Hebdo avec bon nombre de ses amis, Charb avait remis le manuscrit de ce qui sera son dernier livre à son éditeur. Cette fois, pas de dessins mais un essai concis à la plume acérée dans lequel il répond avec intelligence et humour à tous ceux qui utilisent à tort et à travers le mot "islamophobie" , " terme mal choisi s'il doit nommer la haine que certains tarés ont des musulmans."
Avec une rhétorique implacable, il montre comment les anti-islamophobes ont joué avec les mots non pas pour défendre des hommes et des femmes attaqués pour la couleur de leur peau, leur origine ou leur position sociale, mais une religion. Il s'interroge et nous fait nous interroger sur l'utilisation irrationnelle d'un mot de plus en plus employé par une multitude hétéroclite de personnes allant des radicaux islamistes à la gauche bien pensante en passant par l'extrême droite et repris sans vergogne par des médias imbéciles "d'abord par fainéantise, ensuite par attrait de la nouveauté et, enfin par intérêt commercial... La peur se vend bien. L'islam qui fait peur se vend bien." 
Ce petit livre, visiblement, embarrasse beaucoup de monde, en particulier certains commentateurs de presse et de nombreux politiques. Il est vrai que comme d'habitude, Charb ne s'est pas, lui, embarrassé d'un prêt à penser consensuel et a profité de l'occasion pour bousculer la bienséance idiote et dangereuse qui a cours depuis quelque temps au nom du sacro-saint "vivre ensemble".  
Un livre à lire pour comprendre comment plus ou moins intentionnellement, par intérêt ou par bêtise on finit par placer les religions au-dessus des hommes, à tuer la liberté d'expression... et ceux qui la pratiquent.

dimanche 24 mai 2015

MUSIQUE. BILL FAY.

Étrange parcours que celui de Bill Fay, pianiste, chanteur et auteur-compositeur anglais. Entre 1967 et 1971, il publie deux albums (Bill Fay et Time of last percussion). Faute de promotion, ils se vendent mal et l'artiste tombe rapidement dans l'oubli jusqu'à leur réédition en 1998. Quelques enregistrements de la même époque, dépouillés de leurs arrangements sortent ensuite sous le titre From the bottom of an old grandfather clock. Il faut attendre l'année 2005 pour découvrir des titres enregistrés entre 1978 et 1981 avec Tomorrow, tomorrow and tomorrow. 
Mais qui se soucie de Bill Fay et d'une musique aussi étrange que son créateur qui vit de boulots en intérim et continue à composer sans se soucier du sort réservé à sa poignée de disques? Quatre ans plus tard paraît le double album Still some light, c'est encore un coup d'épée dans l'eau. Mais si le grand public l'ignore, le bonhomme a quelques fans fidèles et parmi eux le groupe Wilco qui reprend régulièrement quelques-unes de ses chansons sur scène. C'est d'ailleurs le leader de ce groupe, Jeff Tweedy, accompagné du jeune producteur Joshua Henry qui réuniront toutes les conditions pour que naisse en 2012 le superbe Life is people qui va émouvoir jusqu'au grand Nick Cave lui-même! Il faut dire que l'album est bouleversant. Il est composé d'une suite de ballades au piano et de chansons que l'on pourrait qualifier de gospels celtiques aux mélodies somptueuses et au chant habité. Le magistral Who is the sender? qui vient de sortir en est la suite logique , même s'il ne nous fera pas oublier le précédent. Il est temps de découvrir enfin Bill Fay, d'autant qu'avec une discographie aussi concise l'achat de son oeuvre complète ne ruinera personne!


vendredi 10 avril 2015

CINEMA D'ANIMATION. Pontarlier du 13 au 19 avril 2015. 7ième édition.

Chaque printemps s'ouvre à Pontarlier avec le festival du film d'animation. Contrairement à une idée reçue qui a la vie dure, l'animation n'est pas réservée aux enfants. Comme la BD, ce cinéma est aujourd'hui un art à part entière. Lui seul permet d'aller aussi loin dans le domaine de la créativité et de l'invention.
Si tout un pan de la production est vouée à l'exploitation commerciale (comme c'est d'ailleurs le cas pour le cinéma "normal"), de nombreux créateurs ont su faire du cinéma d'animation un moyen d'expression innovant et  ont construit leur propre univers. Ils nous donnent à voir aujourd'hui de véritables chefs d'oeuvre. 
Les invités de cette 7ième édition font partie de ceux-là, puisque seront présents FRANCK DION qui nous plonge dans un monde aussi fantastique que poétique et ARNAUD DEMUYNCK, réalisateur, scénariste et producteur spécialisé dans le court et moyen métrage, dont l'univers est plus réaliste mais tout aussi poétique que celui de son collègue.
Du cinéma bien sûr mais également des ateliers et une exposition d'une trentaine de dessins de FRANCK DION accompagnés de toiles et sculptures des jeunes de l'IMPRO de l'IME de Pontarlier.
Programme complet de cette rencontre à ne pas manquer sur
http://www.ccjb.fr/

mardi 24 février 2015

MUSIQUE. JOHAN ASHERTON'S DIAMONDS. (Pop The Balloon).

Décidément l'ami Asherton n'est jamais là où on l'attend ! Qui aurait pu dire qu'en 2015 il reviendrait au rock qu'il avait abandonné aux débuts des années 80 pour un folk intimiste et mélancolique avec lequel il nous a donné quelques superbes disques d'une beauté rarement égalée ( Under the Weather, The Night Forlorn et autres Amber Songs).
Si Johan Asherton's Diamonds est bien un album de rock, les compositions sont toujours aussi inspirées. Bien sûr, on retrouve une atmosphère trempée dans la fin des années 60 mais on ne tombe jamais dans la facilité. Oui, Ooh! Miss You qui ouvre le disque est un blues rock presque classique, les deux rocks qui suivent, May First et Life of the Party avec leurs guitares tranchantes et lumineuses ne le sont pas moins, oui Lonely Feeling fait inévitablement penser aux Stones des bonnes années, mais Johan a depuis trop longtemps digéré ses influences pour se laisser aller à la copie. Son passé de songwriter et sa forte personnalité font que sa musique sonne toujours comme du Johan Asherton. La suite de l'album, admirablement construit, le prouve avec Struck by Lighting ou Leah. Chacun des titres de l'album est superbement ciselé et arrangé: choeurs, cuivres et piano tiennent leur place sans jamais devenir envahissants. Tout se joue dans la finesse et l'élégance. Pas de doute, c'est bien du Johan Asherton... qui nous a gardé le meilleur et le plus surprenant pour la fin avec un Holy Grail presque gospel à coller des frissons. ( Merci Marie Chevalot).
A déguster sans modération !

http://asherton.hinah.com 
http://www.poptheballoon-records.fr 




mercredi 18 février 2015

THEATRE. MESURE DE NOS JOURS. COMPAGNIE LE PORTE PLUME.

Sylvie Malissard (Photo François Royet)
Mesure de nos jours a été écrit par Charlotte Delbo, militante communiste déportée à Auschwitz dans un convoi de 230 femmes  en 1943. Elle sera transférée à Ravensbrück et libérée par La Croix Rouge en 1945. Elle est l'une des 49 survivantes de ce convoi.
En 1946, hospitalisée en Suisse, elle écrit Aucun de nous ne reviendra qui ne sera publié qu'en 1965. Le livre qui décrit la vie à Auschwitz sera le premier tome de la trilogie Auschwitz et après qui comprend également Une connaissance inutile et Mesure de nos jours. Elle est aussi l'auteure de nombreux autres livres et de pièces de théâtre.
Mesure de nos jours est consacré à l'après Auschwitz et raconte la vie des quelques survivants. Charlotte Delbo prête sa voix à celles et ceux qui n'ont pas osé parler, qui n'ont pas pu ou qu'on n'a pas écoutés, Mado, Ida, Jacques ou Poupette. Les questions sont obsédantes: " Et toi, comment tu as fait? ", "Qu'est-ce qui a de l'importance aujourd'hui?", "Pourquoi Vira qui était si forte est-elle morte et non pas moi?Charlotte Delbo ne se contente pas de relater des témoignages, elle fait un vrai travail d'écriture, alternant prose et poésie pour mieux nous faire ressentir ce qu'a pu être la vie de ceux qui ont traversé l'horreur et ont essayé de continuer à avancer "malgré tout".
Sylvie Malissard de La Compagnie du Porte Plume a été "happée" par cette oeuvre et a décidé de faire entendre cette voix qui l'a bouleversée. Seule en scène, la comédienne  fait vivre ce très beau texte de façon magistrale.  Mesure de nos jours s'apparente plus à une expérience qu' à un spectacle et le spectateur n'en sort pas indemne. La pièce a été donnée une cinquantaine de fois en 15 ans. 
A ne pas manquer.

 http://leporteplume.free.fr/?page=spectacles&id=1
 www.charlottedelbo.org

                                 PROCHAINES REPRESENTATIONS


# 11 mars 2015 : Atelier RLParis).
# 17 avril 2015 : MédiathèqueMontbard).
# 25 avril 2015 : MédiathèqueAlforville).
# 26 avril 2015 : Musée Résistance et DéportationBesançon).
# 09 mai 2015 Parc du MorvanSaint Brisson).

vendredi 13 février 2015

LITTERATURE. JOSEPH. Marie-Hélène Lafon. (Buchet. Chastel)

 Joseph, ouvrier agricole dans un coin perdu du Cantal, approche de la fin de sa vie de labeur. Travailleur discret et infatigable, il a une profonde connaissance de son  métier et des animaux avec lesquels il entretient une relation privilégiée. Joseph parle rarement sauf quand il est seul. Son monde, il  le garde pour lui, dans son coeur et dans sa tête. Ses souvenirs lui tiennent compagnie quand il travaille et l'aident à s'endormir le soir. Il en a vu des choses Joseph pendant tout ce temps à passer de ferme en ferme au service des autres. Il possède une mémoire peu commune et se souvient de tout. Il a observé et écouté sans jamais porter de jugement. Il conserve au fond de lui les bons moment  comme les mauvais, qui n'ont hélas pas manqué. "Il a eu, comme un autre, son histoire d'amour" mais elle a fait son malheur et il a sombré dans l'alcool durant de longues années. Il est sorti du "trou" après la troisième cure et il a retrouvé le fil de son existence sans faire de bruit.
On le rencontre dans la dernière partie de sa vie alors qu'il travaille dans une ferme où il se sent bien. Il sait qu'il n'aura plus d'autre patron et que son métier est voué à disparaître. Joseph est un sage,il sait que le monde qu'il a connu bientôt ne sera plus, le modernisme et les machines le tuent chaque jour. Il n'en ressent aucune rancoeur, il constate tout simplement cet avenir inéluctable. Il a fait sa vie, comme il a pu, il assume tout, il n'est jaloux de personne, il n'accuse personne, il se contente de garder sa dignité d'homme même s'il est resté "au bas du bas de l'échelle".  Oui, Joseph est un sage.
Marie-Hélène Lafon, avec une grande économie de moyen et une vraie poésie, a su rendre Joseph vivant, corps et âme, si vivant que lorsqu'on referme le livre on a l'impression de quitter un ami et c'est si dur que l'on n'a qu' une envie, reprendre à la première page pour le retrouver !


 
Marie-Hélène Lafon lisant un extrait de Joseph lors des Pérégrinations littéraires
 (photo P. Coignard)




                         


                                               

                            BIBLIOGRAPHIE 

vendredi 30 janvier 2015

MUSIQUE. SISKIYOU. NERVOUS. (Constellation Records).

Nous l'attendions depuis si longtemps ce troisième album de Siskiyou que nous  étions bien décidés de nous contenter de peu, pourvu que nous puissions entendre la voix de Colin Huebert sur de nouvelles compositions. Peu après la sortie du magnifique Keep Away The Dead, le musicien est tombé malade et le groupe a annulé toutes ses dates de tournée. Colin Huebert souffrait d'une maladie éprouvante pour tout un chacun mais catastrophique pour un musicien: une infection de l'oreille interne qui le faisait énormément souffrir, lui déclenchait des crises d'angoisse et le rendait parfois sourd. Siskiyou a dû s'adapter à ce lourd handicap et a changé sa façon de travailler. Le groupe a donc enregistré à très bas volume  pour limiter les souffrances de son chanteur et principal compositeur. La facilité aurait été d'opter pour le minimalisme, le collectif a pourtant décidé d'aller à l'opposé de ce qui aurait paru raisonnable! Des collègues ont été invités (entre autres Colin Stetson au saxophone, Andrew Lee à la guitare électrique, Andrew Rasmussen au piano et Owen Pallet au violon), la production a été étoffée, les arrangements enrichis et le groupe a poussé plus loin certaines idées qui n'étaient qu'esquissées dans les deux premiers albums. Le résultat est une indéniable réussite, un album envoûtant dont chaque morceau apporte son lot de surprises. Le virage que vient d'opérer Siskiyou est extraordinaire, il passe d'un folk raffiné  à un rock subtil et tourmenté. Curieusement, après un court moment de surprise, on retrouve très vite l'univers de ce groupe hors du commun, (peut-être aidés par l'étrange voix de Colin Huebert). Il est rare qu'un groupe puisse évoluer à ce point sans se trahir. 
Nous étions prêts à nous contenter de peu alors que nous avons avec Nervous peut-être le meilleur album rock de l'année! 
www.siskiyouband.com
http://cstrecords.com/                    





mercredi 28 janvier 2015

SOLIDARITE. ERRI DE LUCA.

Combattant au côté des opposants à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, Erri De Luca se voit aujourd'hui même, mercredi 28 janvier 2015, inculpé pour avoir appelé au sabotage de ce projet. Il encourt 5 ans de prison.
Ceux qui connaissent  le passé de l'homme savent bien que ce mot n'est pas pour lui synonyme de violence. Rappelons qu'il a participé à la dissolution du parti d'extrême gauche Lotta Continua dont il était l'un des dirigeants, afin de ne pas entrer dans la clandestinité et dans  l'engrenage de la lutte armée durant Les années de plomb. Mais les préjugés ont la vie dure et il faut se rendre à l'évidence, le projet de cette ligne est devenu un symbole (comme l'aéroport de Notre- Dame- des- Landes). Le gouvernement italien, devant un soulèvement qui va bien au- delà des habitants de la  vallée,  veut affirmer son autorité. Cet acharnement à vouloir défendre un projet coûteux, dangereux et inutile est un déni de démocratie. 
Erri De Luca a déjà déclaré qu'en cas de condamnation il ne fera pas appel : Je défends ma liberté d'expression dans mes livres, je ne le ferai pas devant un tribunal.
Il s'est expliqué sur le sens de ses paroles dans un court essai de 48 pages, La parole contraire (Editions Gallimard): 
L'accusation portée contre moi sabote mon droit constitutionnel de parole contraire. Le verbe "saboter" a une très large application dans le sens figuré et coïncide avec le sens d'"entraver".
Les procureurs exigent que le verbe "saboter" ait un seul sens. Au nom de la langue italienne et de la raison, je refuse la limitation de sens. 
 

On ose espérer que ses juges l'auront lu et que la justice saura faire son travail sereinement.

jeudi 8 janvier 2015

HOMMAGE. CHARLIE HEBDO.

                  CHARLIE VIVRA !



Au revoir CABU, WOLINSKI, TIGNOUS, CHARB, ONCLE BERNARD, HONORE et ELSA CAYAT. 

MUSTAPHA OURRAD, FRANCK BRINSOLARO, AHMED MERABET, FREDERIC BOISSEAU, MICHEL RENAUD.